Norme NF C 15-100 : le guide complet pour votre installation

Qu’est-ce que la norme NF C 15-100

La norme NF C 15-100 est le document de référence pour la conception, la réalisation et l’entretien des installations électriques basse tension en France. Publiée par l’AFNOR et régulièrement mise à jour (dernière révision majeure en 2015, amendement A5 en 2015), elle s’applique à tous les bâtiments d’habitation neufs et aux rénovations importantes. Son objectif : garantir la sécurité des personnes et des biens contre les risques électriques (électrocution, incendie, surtension). Le non-respect de cette norme peut entraîner le refus du Consuel et l’impossibilité de raccorder le logement au réseau.

Le nombre minimal de prises et circuits par pièce

La norme impose un équipement minimal pour chaque pièce du logement. Le séjour doit disposer d’au moins 5 prises (1 par tranche de 4 m² au-delà de 28 m²), un point d’éclairage au plafond et une prise de communication. La chambre nécessite minimum 3 prises et un point d’éclairage. La cuisine exige 6 prises dont 4 au-dessus du plan de travail, plus des circuits dédiés pour le four, les plaques de cuisson et le lave-vaisselle. La salle de bain obéit à des règles strictes de volumes (0, 1 et 2) qui déterminent quels équipements peuvent être installés à quelle distance des points d’eau.

La protection des circuits

Chaque circuit de l’installation doit être protégé par un disjoncteur divisionnaire calibré selon la section du câble et la puissance des appareils. Les circuits prises 16 A utilisent du câble 2,5 mm² et sont protégés par un disjoncteur 20 A. Les circuits éclairage en 1,5 mm² sont protégés par un disjoncteur 16 A. Le four et les plaques de cuisson ont des circuits dédiés en 6 mm² protégés par un disjoncteur 32 A. Chaque groupe de circuits est placé sous un interrupteur différentiel 30 mA (type AC pour l’éclairage et les prises standards, type A pour les plaques, le lave-linge et la borne de recharge).

La gaine technique logement (GTL)

La GTL centralise les arrivées et les départs de tous les réseaux du logement : électricité, communication (téléphone, fibre, réseau informatique) et, le cas échéant, gaz. Elle contient le tableau de répartition, le disjoncteur de branchement, le coffret de communication et les protections associées. La GTL doit être accessible, à l’abri de l’humidité et des chocs, et située à proximité de l’entrée du logement ou du garage. Ses dimensions minimales sont de 600 mm de large sur 200 mm de profondeur, avec une hauteur du sol au plafond.

Les volumes de sécurité dans la salle de bain

La salle de bain est la pièce la plus réglementée en matière d’électricité. Trois volumes concentriques déterminent les équipements autorisés. Le volume 0 (intérieur de la baignoire ou du receveur de douche) n’accepte aucun appareillage électrique. Le volume 1 (au-dessus de la baignoire/douche jusqu’à 2,25 m de hauteur) autorise uniquement les appareils alimentés en TBTS 12 V protégés par un transformateur de sécurité. Le volume 2 (60 cm autour du volume 1) admet les luminaires de classe II et les appareils alimentés par un circuit protégé par un différentiel 30 mA. Hors volume, les restrictions disparaissent progressivement.

Mise en conformité : les six points de sécurité

Quand la mise en conformité totale n’est pas possible (budget, contraintes techniques), la réglementation prévoit une « mise en sécurité » portant sur six points essentiels. Présence d’un appareil général de commande et de protection (disjoncteur de branchement). Présence d’au moins un dispositif différentiel 30 mA. Présence d’un dispositif de protection contre les surintensités sur chaque circuit. Liaison équipotentielle dans les salles de bain. Absence de matériels vétustes ou inadaptés (fils sous moulure bois, prises sans terre en cuisine). Absence de conducteurs non protégés mécaniquement. Ces six points constituent le minimum vital pour sécuriser une installation ancienne.

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